Montage numérique

 

Les bonnes conditions pour préparer un montage

Il est impératif de filmer en pensant au montage que l'on prévoit.
Un tournage doit être préparé même dans le cas d'un interview ou d'un reportage
Il faut imaginer le raccord entre les séquences, le raccord entre les plans en respectant les règles du langage cinématographique.
Un mauvais cadrage sera difficilement compensé lors du montage. Il faut varier les valeurs de plans pour dynamiser ses images.
En vidéo, plus qu'au cinéma, il faut souvent utiliser des plans rapprochés.
Il faut apprendre à faire court, un plan trop long peut-être réduit au montage, mais il risque de perdre de son intérêt.
Il faut penser à varier les points de vue en utilisant plongée et contre-plongée.
Réaliser un panoramique vertical ou horizontal facile à monter n'est pas si simple, il faut respecter certaines règles.
Le meilleur raccord est un raccord invisible qui n'heurte pas le spectateur, c'est souvent celui réaliser dans le mouvement: un geste commencé sur un plan se termine sur le plan suivant avec un autre point de vue. Ceci ne s'improvise pas, il faut imaginer le montage durant le tournage.
Le travelling demande de la préparation et du matériel ou de l'imagination, mais dynamise un document sans difficultés supplémentaires au montage. Par contre le zoom est à utiliser avec modération et précaution sinon il sera difficile à intégrer dans un document.
Il est des défauts de tournages très difficiles à compenser au montage: flou à la mise au point, tremblements dûs à une mauvaise stabilité, balance des blancs mal réglée, lumière insuffisante, mauvaise prise de son.

Le bon matériel pour un montage facile

Le couple FireWire-DV a beaucoup simplifié les relations entre la vidéo et l'ordinateur.
Le montage en DV natif ne dégrade pas les images, en effet, pour le format DV, la compression est réalisée par le camescope et les images peuvent être transférées sur l'ordinateur sans compression supplémentaire, montées puis exportées de nouveau dans le camescope sur bande DV. Il faut dans ce cas se limiter à un montage CUT sans traitement particulier (transition, titrage, colorisation...) qui demande un calcul et une recompression.
Le transfert se fait par l'intermédiaire d'une carte d'interface IEEE 1394. Le camescope n'est pas reconnu comme un disque dur. L'installation d'un pilote est nécessaire pour commander le camescope par l'intermédiaire de cette interface.
Certains ordinateurs possèdent dès le départ un port firewire, comme les IMac d'Apple. C'est souvent la meilleure solution car l'ordinateur a été optimisé pour cet usage (processeur, mémoire, capacité et vitesse du disque dur, système d'exploitation...).

Une carte avec port FireWire n'est pas utilisée uniquement pour le montage numérique. Par contre certains constructeurs proposent des cartes qui ne permettent pas seulement de transférer de la vidéo mais offrent aussi des fonctionnalités utiles durant tout le processus de montage par exemple, des capacités de calcul d'effets en temps réels.

Le poids d'une image DV reste important même si elle est déjà compressée avec un taux de 5 au niveau du camescope. 1 minute en DV occupe 220 Mo d'espace sur un disque dur. Un disque dur externe relié à l'ordinateur par un port FireWire peut-être une solution.

Choix du logiciel de montage: Adobe Première reste une référence mais aussi Final Cut Pro sur Mac, un peu moins connus mais très efficaces les produits d'Ulead, MediaStudio Pro et VideoStudio, VideoWave de MGI, Apple iMovie, Microsoft Movie Maker, MovieXone d'AIST et VirtualDub.

L'acquisition et l'exportation de la vidéo

Sachant que la vidéo numérisée tient beaucoup de place, il faut dérusher précisément sa bande vidéo avant d'en prévoir l'acquisition.
L'acquisition peut se faire à la volée ou en série, tout dépend du logiciel d'acquisition utilisé.
C'est une étape qui est simplifiée depuis l'apparition du format DV et qui est plus compliquée si la source est analogique.
L'exportation sur bande DV peut être réalisée sans création de fichier vidéo informatique, mais elle demande souvent un temps de calcul qui correspond à la création du "rendu". Elle dure le temps du document monté. L'exportation en analogique sur cassette VHS, par exemple, n'est possible qu'avec une carte de constructeur qui possède des sorties audio et vidéo "composite" ou S-vidéo. Sinon il faudra exporter sur bande DV puis brancher les sorties analogiques du camescope numérique sur les entrées d'un magnétoscope VHS.
L'exportation sur le disque dur peut se faire sous différents formats selon la diffusion prévue (vidéo-CD, S-VCD, CDROM, réseau local, Web...)

La préparation du montage

Un montage s'accompagne de l'enregistrement d'un projet qu'il faut sauvegarder régulièrement, éventuellement sous des noms différents si on veut tester différentes versions, puis revenir à une version plus ancienne. Ce projet pour être finalisé aura besoin des fichiers sources (vidéo, images, audio, titres...) qu'il ne faut pas effacer ni même déplacer avant l'exportation définitive.
Il faut sélectionner son disque de travail qui est souvent le deuxième disque dur ou une partition du disque principal. Les logiciels comme Première on besoin d'un espace disque pour créer les fichiers de prévisualisation (il fuat éviter par la suite de les effacer car ils diminuent les temps de calculs lors de l'exportation finale. A l'ouverture du projet, on definit un modèle de préconfiguration, qui doit tenir compte de la diffusion envisagée. Certains logiciels comme VideoStudio permettent de travailler durant tout le montage avec des fichiers de qualité moyenne, plus légers. L'acquisition des fichiers définitifs se fera lors de l'exportation et sera limitée aux plages choisies pour le montage.
Pour un logiciel de montage les fenêtres sont très nombreuses (chutier, moniteur de prévisualisation, timeline, transition, navigation...). Il est difficile de les garder toutes ouvertes, le menu fenêtre permet de les ouvrir ou les fermer temporairement. On gagne souvent à travailler sur deux moniteurs.

Premier montage

Un montage commence par l'importation des sources (vidéo, audio, images) dans le chutier. De nombreux logiciels offrent la possibilité de définir les points d'entrée et de sortie des documents vidéo et de pratiquer une première sélection que l'on pourra toujours affiner par la suite. Les documents sont ensuite déposés sur les pistes vidéo de la timeline, soit sur la piste nommée vidéoA soit sur la piste nommée vidéoB, séparées par la piste transition. Ces pistes permettent de faire un montage appelé A/B roll, en disposant de deux pistes. On peut déplacer ces vidéos par "glisser-déposer". On remarque que le son synchro avec la vidéo, c'est automatiquement placé sur deux pistes audio associées aux deux pistes vidéo. Tout déplacement de la vidéo entraîne le déplacement de l'audio, les fichiers sont pour le moment liés pour conserver la synchronisation.
On peut naviguer sur la timeline et visualiser les images dans la fenêtre moniteur, par exemple pour ajuster un raccord de plan. Des outils de montage permettent de découper les plans et de réaliser des insertions. Il est possible à tout moment de prévisualiser le montage dans une qualité qui permet de réduire les temps de calcul. La prévisualisation peut se faire sur l'ensemble du document ou uniquement sur une partie sélectionnée, par exemple le raccord entre deux plans.

Elaboration d'un film

Les étapes d'un premier montage vidéo:

Création d'un nouveau projet
Importation des éléments du film
Assemblage dans la fenêtre de montage
Visualisation et retouche des différents éléments
Application de transitions et filtres
Ajout de titre
Prévisualisation du film
Choix d'un mode de production et exportation
Projection du film

Premier exercice proposé: monter le même film avec trois outils différents
Le logiciel installé avec le système d'exploitation Windows XP: Movie Maker
Un logiciel, gratuit dans sa version de base, MovieXone d'AIST
Un logiciel semi-professionnel, Première version 6 d'Adobe
Ces trois montages sont l'occasion d'effectuer un comparatif des performances de chacun de ces logiciels.
Les clips proposés sont de basse qualité (CODEC Cinepak reconnu par tous les systèmes) et de petites tailles (160 x 120) pour accélérer les temps de calcul

Les principes généraux de la création d'un film avec Première
La création du film"Bienvenue au cirque" avec Première
La création du film"Bienvenue au cirque" avec Movie Maker
La création du film"Bienvenue au cirque" avec MovieXone

Deuxième exercice proposé: découvrir les possibilités et les limites de ces trois logiciels pour réaliser des raccords de plans.
montage d'une séquence du film "Mon Oncle d'Amérique"

A partir des rushs de la séquence du dîner, voir la feuille de dérushage, remonter la séquence en respectant les différentes étapes:
a) résumé du film d'Alain Resnais "Mon Oncle d'Amérique" 1980
Pour faire un film, il faut connaître les lois du montage. Quand on connaît ces lois, cela ne veut pas dire qu'on se libère du montage. Cela veut dire qu'on les utilise pour faire autre chose... (Albert Jurgenson)
b) visionnement de la séquence précédente
c) lecture du scénario
d) visionnement des rushs
e) étude d'un plan de montage
f) montage numérique de la séquence
g) discussion à partir des différentes réalisations
h) visionnement de la séquence du film
i) étude des choix réalisés
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Un montage peut être habillé par des transitions entre les plans, le plus connu et utilisé au cinéma est le fondu enchaîné qui permet de réaliser des ellipse de temps. Il est possible de colorisé un plan, par exemple en noir et blanc ou en sépia, pour un flash-back. Enfin tout document vidéo débute par un titre et finit par un générique, une piste vidéo est réservée aux incrustations avec plusieurs niveaux de transparence. Il est souvent nécessaire de doubler le document par un fond sonore en utilisant une nouvelle piste audio.

Ajouter un titre à la réalisation précédente, en s'inspirant du titre du film lui-même.